La Circoncision : Conseils aux parents

Du Professeur Brian Morris

Médecins spécialisé dans la circoncision du nouveau né

La circoncision est une intervention simple consistant à supprimer le prépuce – un repli cutané recouvrant le bout du pénis. Les parents ont légalement le droit d’autoriser cette intervention. Afin de prendre une décision en connaissance de cause, ils doivent considérer les avantages et les risques. Puisque le prépuce renferme des bactéries et d’autres sources d’infection, tout en favorisant les malodorantes accumulations de smegma (sécrétion des glandes sébacées), sa suppression améliore l’hygiène sexuelle et réduit les risques de maladies ainsi que l’incidence d’autres problèmes pour le garçon et ses partenaires sexuelles pendant toute sa vie.

Histoire

La circoncision est une tradition millénaire dans la culture des peuples habitant des pays chauds, tels que l’Australie, l’Océanie, les régions équatoriales, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique. Aux Etats-Unis, entre 80 et 90% des hommes, tant blancs que noirs, sont circoncis, généralement en bas âge. Bien que la pratique soit peu répandue parmi les Hispaniques, elle est plus largement acceptée parmi les générations ultérieures qui s’adaptent aux coutumes américaines. L’incidence de la circoncision des nouveaux-nés aux États-Unis est en constante progression depuis la fin des années 80, et cette tendance se remarque chez tous les groupes ethniques. Au Canada le pourcentage de nouveaux nés circoncis se situe autour de 35%.

Les Avantages de la circoncision
  • élimine tout risque de phimosis, une condition se produisant chez 1 individu sur 10 chez les garçons et les hommes adultes. Par phimosis, on entend une étroitesse du prépuce qui devient ainsi impossible à décalotter, rendant difficiles l’hygiène locale et la miction. Le phimosis augmente considérablement les risques de cancer du pénis, et occasionne bien des problèmes concernant le prépuce et la pose de cathéters dans les maisons de retraite ou de repos.
  • réduit au dixième l’incidence des infections de la voie urinaire chez les enfants. L’incidence de telles infections n’est que de 1 sur 500 chez les garçons circoncis, mais elle s’élève à 1 sur 50 chez les incirconcis. Cette douloureuse condition est particulièrement dangereuse pendant l’enfance, et conduit, dans 40% des cas, à une inflammation ou infection rénales; la septicémie et la méningite sont d’autres conséquences possibles. L’incidence des infections de la voie urinaire chez les incirconcis est de 1 sur 5.
  • Parmi les hommes non circoncis en bas âge, jusqu’à 10% devront être circoncis ultérieurement pour des raisons médicales.
  • Selon la recherche, la plupart des femmes préfèrent l’apparence du pénis circoncis. Elles le préfèrent dans leurs rapports sexuels. L’hygiène en serait une raison.
  • réduit au cinquième les risques d’infection de la partenaire par la chlamydia ou de souffrir d’un cancer du col de l’utérus (causé par le papillomavirus humain). Les bactéries et virus infectieux accumulés sous le prépuce sont transmis à la femme au cours du coït. L’incidence de la chlamydia est en augmentation et peut provoquer la stérilité (chez les deux sexes), la pélvipéritonite, et des grossesses extra-utérines. Le risque qu’encourt la femme de vaginose bactérienne, de herpès génital d’autres maladies sexuellement transmissibles, y compris le sida, est réduit si son partenaire est circoncis.
  • réduit au tiers les risques d’inflammation et d’infections affectant la peau du pénis. Un incirconcis sur 10 souffrira d’une inflammation du gland et du prépuce. L’incidence atteint 1 sur 3 chez les diabétiques. Par voie de contraste, chez les circoncis, seulement 2% des hommes souffriront de cette condition.
  • réduit au vingtième l’incidence du cancer pénien, qui entraîne une mortalité élevée. Un incirconcis sur 600 souffrira d’un cancer pénien, ce qui nécessite l’amputation dans bien des cas.
  • le risque d’un cancer de la prostate qui touche 1 homme sur 6 est de 15 à 60% plus élevé chez les incirconcis.
  • réduit au tiers les risques de contamination par le VIH (Sida) à la suite de rapports sexuels avec une femme séropositive. Le VIH pénètre par la face interne du prépuce, mais peut également s’introduire dans le corps par des ulcères ou chancres (par exemple herpès génital). Dans des pays tels que les Etats-Unis à faible incidence du VIH, les risques de contamination pour un hétérosexuel sont généralement minimes. Le danger sera beaucoup plus élevé, surtout s’il est incirconcis, s’il a des rapports sexuels à risque dans un pays où le VIH est répandu.
  • protège contre les infections sexuellement transmissibles à haut risque telles que le virus du papillome (verrue), la syphilis, le trichomonas, le mycoplasma, le chancroïde ou chancre mou aussi bien que la candidose.
  • La plupart des études ne détectent pas de réduction significative de la fonction sexuelle, de la sensibilité ou de la satisfaction comme conséquence de la circoncision.
  • En général, la fonction sexuelle se trouve inchangée ou améliorée.
Les risques de la circoncision
  • Dans 1 cas sur 500 circoncisions on constate un saignement – facilement maîtrisé par simple pression, ou plus rarement par des sutures (1 cas sur 1000), par une chirurgie complémentaire (1 cas sur 1000), – ou encore une infection généralisée qu’on traitera par des antibiotiques (1 cas sur 4000). Même s’il se produit parfois ce qui a l’apparence d’une infection locale, souvent cela fait partie du processus normal de cicatrisation.
  • Des complications graves (nécessitant l’hospitalisation) sont rares – environ 1 cas sur 5000.
  • On ne rencontre pratiquement jamais des cas de mutilation ou de la perte du pénis, voire de décès, lorsque la circoncision est effectuée par un médecin compétent. Veillez donc à choisir un médecin expérimenté.
  • Dans le cas où il y aurait dans la famille des antécédents liés à l’hémorragie, tels que l’hémophilie, il convient d’en prévenir le médecin, qui prendra alors des précautions complémentaires avant l’intervention.
  • Il faut prévoir une anesthésie, de préférence locale, car l’anesthésie générale comporte des risques, et n’est pas nécessaire. Pour les enfants de 0 à 4 mois une anesthésie locale, et non pas générale, et pour les enfants plus âgés ou les adolescents on utilisera éventuellement un calmant un plus de l’anesthésie locale. Les enfants en bas âge remuants peuvent être retenus. Pour la douleur après l’anesthésie, on prévoit souvent un analgésique administré par voie orale.
  • Dans le cas d’une circoncision effectuée après les premiers mois de vie, comme dans le cas d’enfant d’âge plus avancé, les adolescents ou les adultes, le recours aux sutures sera nécessaire.
  • Après les 4 premiers mois de vie, le coût de la circoncision sera donc sensiblement plus élevé.
En guise de conclusion

La circoncision confère des bienfaits toute la vie durant. Un garçon incirconcis sur trois éprouvera de ce fait des difficultés nécessitant des soins médicaux. Ceci entraîne des souffrances plus ou moins aigues, et allant dans de rares cas jusqu’à la mort. Par voie de comparaison, après la circoncision, le risque d’une condition facilement maîtrisable est de 1 sur 500, et l’incidence d’une véritable complication est de 1 sur 5000. Une circoncision bien exécutée entraîne rarement des conséquences néfastes.

Ainsi, les avantages sont plus de 100 fois plus grands que les risques!

Le texte du présent dépliant fait l’objet d’un consensus de la part des experts suivants, qui ont contribué à sa rédaction: Edgar Schoen,* MD (Oakland), Tom Wiswell, MD (Floride), Sam Kunin, MD (Los Angeles), Howard Stang, MD (Minnesota), Daniel Halperin, PhD (Caroline du Nord), Stefan Bailis, PsyD LP (Minnesota), Mike Cormier (Canada).
*Le Dr Schoen a présidé la commission sur la circoncision de l’Académie Américaine de Pédiatrie en 1989.
Auteur principal: Brian Morris, DSc PhD FAHA, Professeur, School of Medical Sciences, University of Sydney

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